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La Semaine de la presse et des médias dans l’École est organisée chaque année au mois de mars par le CLEMI, le centre pour l’éducation aux médias et à l’information.

C’est l’occasion pour de nombreux élèves de découvrir l’univers des médias, de la presse, du numérique et d’en comprendre les enjeux culturels et démocratiques.

Et comme le suggère Virginie Sassoon, la directrice adjointe du CLEMI, pourquoi ne pas profiter de cette séquence pour aborder ces questions en famille ? 🤗

🗓 Cette année, la 37e édition de la Semaine de la presse et des médias se tient du 23 au 28 mars 2026 et a pour thème « Où est l’info ? ».

https://www.clemi.fr/actions-educatives/semaine-de-la-presse-et-des-medias

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Depuis de nombreuses années, le système de classification des jeux vidéo se concentre principalement sur le contenu violent, sexuel ou portant sur la consommation de drogues. Mais en juin 2026, un changement majeur s’opère : la classification PEGI (Pan European Game Information, le système de classification des jeux vidéo en Europe) va intégrer de nouveaux critères pour évaluer des risques jusqu’à présent ignorés, notamment les mécaniques incitant à des comportements addictifs.

Qu’est-ce que PEGI et pourquoi cette évolution ?

Le système PEGI, mis en place en 2003, catégorise les jeux vidéo en fonction de l’âge recommandé : 3, 7, 12, 16 ou 18 ans. En France, ce système est intégré au cadre légal et s’applique à tous les jeux, qu’ils soient vendus en magasin ou téléchargés en ligne.

Jusqu’à présent, cette classification reposait essentiellement sur le contenu du jeu : la violence, le langage grossier ou la présence de drogues. Or, comme l’explique l’organisme PEGI, le paysage des jeux vidéo a profondément changé. De nombreux titres populaires, gratuits ou à bas prix à l’achat, utilisent maintenant des mécaniques conçues pour inciter les joueurs à dépenser de l’argent ou à jouer de manière compulsive. Ces pratiques posent des enjeux de santé mentale importants, particulièrement pour les jeunes joueurs dont le développement cognitif les rend plus vulnérables à ces incitations.

Les quatre nouveaux « risques interactifs » à connaître

À partir de juin 2026, PEGI évaluera les jeux selon quatre nouveaux critères, appelés « risques interactifs ». Voici ce qu’il faut retenir pour comprendre l’impact sur vos enfants.

1. Les loot boxes : des paris déguisés en récompenses

Les loot boxes (littéralement « boîtes à butin ») sont des conteneurs virtuels que les joueurs ouvrent, souvent en payant, pour obtenir des objets aléatoires et invisibles avant ouverture. C’est un peu comme un paquet-surprise : vous ne savez pas ce que vous allez obtenir avant d’acheter.

À partir de juin 2026, tout jeu proposant des loot boxes payantes sera automatiquement classé au minimum en PEGI 16. Dans les cas où le jeu crée un véritable environnement de « casino social » (avec des mécaniques très proches du jeu d’argent), la classification pourra même atteindre PEGI 18.

Pourquoi ce changement ? Parce que les loot boxes comportent un risque réel pour la santé mentale. Le mécanisme de l’aléatoire crée une incertitude qui, pour le cerveau, ressemble à un jeu d’argent : on paie sans certitude d’obtenir ce que l’on souhaite. Cette pratique peut inciter les enfants à dépenser répétitivement pour « tenter leur chance », créant des comportements compulsifs.

2. Les achats intégrés et les offres limitées : créer une pression d’urgence

Outre les loot boxes, les jeux proposent souvent des achats intégrés (argent virtuel, skins ou accessoires cosmétiques) vendus en offres limitées dans le temps ou en quantité.

Par exemple, un jeu populaire comme Fortnite propose régulièrement des skins (apparences de personnages) disponibles pour une durée limitée, avec le message implicite : « Si tu ne l’achètes pas maintenant, tu ne pourras plus jamais l’avoir ». Cela crée le FOMO (« Fear Of Missing Out », la peur de manquer quelque chose), une angoisse sociale puissante chez les jeunes.

À partir de juin 2026, les jeux avec ces offres limitées seront classés PEGI 12. Et pour les jeux intégrant des NFT (« Non-Fungible Tokens », des objets numériques uniques et collectables), la classification sera PEGI 18.

Pourquoi ? Parce que cette pression artificielle d’urgence peut pousser les enfants à faire des achats impulsifs, sans réfléchir aux conséquences financières ou au rapport qualité-prix. C’est un problème d’autant plus grave que les adolescents n’ont parfois pas conscience des dépenses réelles (en euros) qu’ils font à travers un jeu.

3. Les quêtes quotidiennes : une incitation à l’addiction

De nombreux jeux gratuits utilisent un système de quêtes quotidiennes. Ces petites missions varient chaque jour et récompensent les joueurs qui reviennent régulièrement. Cela peut sembler anodin, mais c’est une mécanique puissante d’engagement : elle crée une habitude, presque une obligation psychologique de se connecter tous les jours.

À partir de juin 2026, les jeux proposant ces mécaniques seront classés PEGI 7. Mais si le jeu pénalise les joueurs qui oublient une journée (par exemple, en perdant des récompenses non réclamées à temps), la classification passera à PEGI 12.

Pourquoi ce changement ? Parce que ces systèmes créent une dépendance psychologique. Chez les enfants et adolescents, dont le cerveau est encore en développement, cette incitation quotidienne peut générer une anxiété : « Si je ne joue pas aujourd’hui, je vais louper quelque chose ». Cette pratique normalise aussi l’idée que les loisirs numériques doivent être disponibles à tout moment, partout, créant des habitudes difficiles à réguler.

4. Les interactions entre joueurs mieux encadrées

Enfin, la nouvelle classification PEGI tient compte des fonctionnalités de communication en ligne. Un jeu qui offre une messagerie « non restreinte » (c’est-à-dire sans possibilité de bloquer un utilisateur ou de signaler un contenu abusif) sera classé PEGI 18.

À première vue, cela ne concerne qu’un petit nombre de jeux. Mais pour les concepteurs de jeux, c’est un signal important : les outils de contrôle et de sécurité en ligne ne doivent jamais être oubliés. Ces fonctionnalités de communication directe entre joueurs exposent les jeunes à des risques graves : harcèlement en ligne, tentatives de prédation, ou simplement des interactions négatives qui impactent le bien-être émotionnel.

Conseils pratiques pour protéger la santé mentale des enfants

En attendant ces changements de classification, voici comment il est possible de protéger les enfants :

  • Aborder la question des loot boxes et des achats intégrés : il est important d’expliquer que ces mécaniques ressemblent à des jeux d’argent et qu’elles visent à inciter à dépenser de façon répétée. L’établissement de limites claires sur les dépenses s’avère indispensable.

  • Limiter l’accès aux fonctionnalités d’achat : l’utilisation des contrôles parentaux permet de restreindre ou d’interdire les achats intégrés sur les appareils.

  • Surveiller le temps de jeu : les quêtes quotidiennes créent une pression psychologique. L’encouragement de pauses régulières et la clarification du fait que « manquer » une mission n’est pas grave contribuent à une meilleure régulation.

  • Examiner les paramètres de communication : il est nécessaire de s’assurer que les jeux en ligne disposent d’outils permettant de bloquer les utilisateurs et de signaler les abus. Une communication ouverte avec les enfants sur leur ressenti en ligne s’avère bénéfique en cas de malaise.

  • Consulter la classification PEGI : dès juin 2026, l’examen attentif non seulement de l’âge recommandé, mais aussi des nouveaux pictogrammes indiquant les risques interactifs, aide à mieux comprendre les enjeux.


Quel impact concret pour vous et vos enfants ?

Les joueuses et les joueurs, et surtout les parents, seront informés si un titre incite à dépenser, revenir jouer ou communiquer. Quatre nouveaux critères, appelés « risques interactifs », viendront s’ajouter à l’évaluation PEGI existante.

Avec cette nouvelle classification, PEGI souhaite fournir aux parents une source d’information fiable sur les risques auxquels sont exposés les jeunes publics par un secteur en constante évolution. Au-delà de l’information, l’un des enjeux est de sensibiliser les parents à l’importance d’évaluer attentivement certaines fonctionnalités des jeux et à l’utilité des outils de contrôle parental.

Un changement important apporté au système de classification par âge PEGI, qui contribuera à renforcer la sécurité en ligne et à répondre aux préoccupations et aux questions des parents d’aujourd’hui.


Conclusion

L’évolution de la classification PEGI en juin 2026 reconnaît enfin une réalité que beaucoup de parents constatent : les jeux vidéo modernes ne posent pas seulement des risques liés au contenu violent ou sexuel, mais aussi à des mécaniques psychologiquement manipulatrices. Cette mise à jour est un pas important vers une meilleure protection de la santé mentale des jeunes joueurs. Cependant, elle ne remplace pas votre rôle crucial de parent vigilant et informé. En comprenant ces nouveaux critères, vous serez mieux équipé pour discuter de jeux vidéo avec vos enfants et pour les aider à développer une relation saine avec ce loisir.

 

Comme on apprend à un enfant à traverser la rue, on doit lui apprendre à utiliser Internet sans se faire renverser par la première rumeur venue !

En France, l’école ne se contente pas de donner des conseils vagues sur Internet : l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) est une mission officielle inscrite dans les programmes scolaires, de l’école primaire jusqu’au lycée, et cette mission est confiée au CLEMI, le centre pour l’éducation aux médias et à l’information, dont Serge Barbet en est le directeur.
https://www.clemi.fr

C’est un enjeu démocratique de premier plan, car dans un écosystème numérique saturé, les adolescents sont les premières cibles d’un flux d’informations – et de désinformations – ininterrompu.

Et éduquer les adolescents à l’information et aux médias, c’est leur donner les clés pour passer du statut de consommateurs passifs à celui de citoyens éclairés.

 

🔎 CyberPrev décode, l’émission d’Assurance Prévention qui décode les risques numériques touchant les adolescents tels que l’addiction aux écrans, l’exposition à des contenus choquants, le cyber harcèlement, la désinformation etc.


 

“Parlons ensemble de notre bien-être numérique” est le thème du Safer Internet Day(s) qui, dès le 10 février, propose deux mois d’actions au sein des établissements scolaires, associations et collectivités participantes, mais également au sein des familles !

Car comme l’explique Deborah Elalouf-Lewiner, la présidente d’Internet Sans Crainte / Tralalère qui coordonne le Safer Internet Day en France, c’est aussi l’occasion pour les familles de créer des moments d’échange parent – enfant afin de faire le point ensemble sur les usages numériques de tous les membres de la famille et de mettre en place un cadre de bonnes pratiques, par exemple à l’aide de l’outil en ligne Faminum.

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