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Usage des écrans et santé mentale : les Français face à une dépendance numérique croissante

12/12/25

Une enquête récente met en lumière une corrélation marquée entre l’intensité d’utilisation des réseaux sociaux, l’exposition aux contenus d’influenceurs et une santé mentale fragilisée, en particulier chez les plus jeunes.

Un lien fort entre réseaux sociaux et santé mentale fragilisée

La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), en collaboration avec Toluna Harris Interactive, a publié, le 27 novembre, la 5ᵉ édition de son Baromètre des usages des écrans. Cette étude 2025 met en lumière un phénomène préoccupant : le temps passé devant les écrans – en particulier sur les réseaux sociaux – s’intensifie et s’accompagne de signes de fragilité psychologique chez une part importante de la population.

Les chiffres sont éloquents :

Parmi les Français déclarant une santé mentale dégradée :

  • 45 % passent plus de 3 heures par jour sur les réseaux sociaux (contre 21 % en moyenne).
  • 76 % estiment y consacrer plus de temps qu’ils ne le souhaiteraient.
  • Chez les moins de 35 ans, l’influence des créateurs de contenus est plus marquée, tant sur les comportements que sur la façon de penser.
  • 60 % des 15-24 ans considèrent que les réseaux sociaux ont un impact négatif sur la société. Ils sont pourtant 56 % à les utiliser plus de 3 heures par jour.

Plus l’usage des réseaux est intensif, plus la santé mentale tend à se détériorer.

Comme le souligne le Dr Nicolas Prisse, président de la MILDECA : 

« Une utilisation fréquente des réseaux sociaux, associée à l’exposition à certains contenus, peut favoriser l’anxiété, le repli sur soi ou un épuisement mental. »

Parmi les utilisateurs de réseaux sociaux, près de 75 % consultent régulièrement les publications d’influenceurs — un chiffre qui grimpe à plus de 80 % chez les 15-34 ans.

Les plateformes les plus citées sont TikTok, Snapchat et Instagram. Ces contenus influencent non seulement les modes de vie mais aussi les représentations mentales des jeunes. Plus de la moitié des utilisateurs déclarant un mal-être psychologique reconnaissent être influencés par ce qu’ils voient en ligne.

Un sentiment de perte de contrôle qui s’étend

La dépendance aux écrans ne se limite pas aux réseaux sociaux. Près de la moitié des Français déclarent y passer plus de temps que prévu, une proportion qui atteint 80 % chez les 15-24 ans.

Les activités les plus chronophages sont :

  • les achats en ligne (28 % y passent plus de 3 h/jour),
  • les jeux vidéo (25 %),
  • et le visionnage de contenus sur les plateformes de streaming (23 %).

Même dans le cadre professionnel, 16 % des actifs reconnaissent avoir du mal à se déconnecter de leurs outils numériques.

Le baromètre observe une hausse du sentiment de perte de contrôle par rapport aux années précédentes, notamment concernant le visionnage de vidéos et l’usage des réseaux.

« On se rapproche de la définition d’une addiction… De fait, les plateformes ont bâti leur succès sur la captation de l’attention de l’utilisateur au détriment de sa santé : sommeil perturbé, troubles de l’attention, moral fragilisé, risques d’obésité sont des conséquences connues. Pour que le numérique reste un outil d’émancipation, il est urgent de mieux comprendre l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale, à l’heure où de nombreux ados ressentent une « social media fatigue » indique le Dr Nicolas Prisse, président de la MILDECA.

Vers une régulation renforcée pour protéger les mineurs ?

Si les réseaux sociaux conservent une image globalement positive, 70 % des Français estiment qu’ils ont un impact négatif sur la société. La même proportion se déclare favorable à une interdiction d’accès avant 15 ans. Ce débat reflète une prise de conscience collective : protéger la santé mentale des plus jeunes passe aussi par une meilleure régulation du temps d’écran et un accompagnement parental actif.

Lien vers les rapports : https://www.drogues.gouv.fr/barometre-mildeca-toluna-harris-interactive-2025

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